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Règles douloureuses : et si c’était l’endométriose ?

3 avril 2021 - Temps de lecture 2 minutes

Des douleurs intenses associées aux menstruations pourraient être provoquées par l’endométriose, une pathologie gynécologique qui reste mal connue. C’est ce que tente de démontrer le docteur Anne-Élodie Millischer-Bellaiche.

Pour réaliser « un état des lieux de l’endométriose », le Dr Millischer-Bellaiche, radiologue à la Clinique Blomet (Ramsay Santé - Paris), s’est intéressée à des jeunes femmes de 12 à 20 ans souffrant de règles particulièrement douloureuses. Dans une récente étude baptisée « ADODREAM », elle étudie la prévalence (nombre de cas à un moment donné) de l’endométriose au sein de cette population.

 

L’endométriose : une priorité de santé publique

L’endométriose se caractérise par la présence anormale de cellules de la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, à l’origine de douleurs intenses au moment des menstruations. Par ailleurs, ces cellules peuvent proliférer et provoquer des lésions, adhérences et kystes dans les organes colonisés. Il s’agit le plus souvent des ovaires mais dans des cas plus graves, l’endométriose peut aussi atteindre la vessie, le côlon, le péritoine, voire les poumons.

L’endométriose, qui toucherait une femme sur dix en période d’activité génitale, est aussi responsable d’infertilité. « Nous entendons parler de plus en plus de cette pathologie, qui a d’ailleurs été classée comme priorité de santé publique pour l’année 2021 », remarque le Dr Millischer-Bellaiche.

 

Encourager une prise en charge précoce

« La littérature scientifique montre que l’endométriose débute par des douleurs intenses au moment des règles », explique la radiologue. Son idée : évaluer la prévalence de l’endométriose chez des jeunes filles et adolescentes aux menstruations particulièrement douloureuses, au moyen d’une IRM pelvienne. Selon ses premiers résultats, ce ne sont pas moins de 45% des jeunes filles participant à l’étude qui présentent des signes d’endométriose.

« Jusqu’ici, nous avons sous-estimé les douleurs de règles comme signe d’un début d’endométriose », commente la chercheuse. Elle prône dorénavant un bilan précoce, dès 16 ans, afin de dépister et prendre en charge la pathologie le plus tôt possible. « Il n’existe pas de traitement curatif, mais des solutions peuvent être proposées pour lutter contre les douleurs et l’infertilité. Il faut s’intéresser à ces femmes ! », conclut le Dr Millischer-Bellaiche.

 

Cette étude est soutenue par la Direction Recherche et Enseignement de Ramsay Santé.

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