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Maladie de Lyme : une nouvelle génération de tests faciliterait le diagnostic

5 décembre 2019 - Temps de lecture 1 mn 00

Le Dr Marie Mas, médecin généraliste à la Clinique Convert, achève actuellement une étude portant sur des tests biologiques, fondés sur la technologie PCR, qui pourraient bien faciliter le diagnostic des maladies à tiques, telles que la maladie de Lyme.

Et s’il était possible de diagnostiquer la maladie de Lyme plus facilement grâce à une nouvelle génération de tests biologiques ?

« La maladie de Lyme est difficile à dépister car il n’existe aucun test fiable à 100% pour le moment », informe le Dr Marie Mas, médecin généraliste aux urgences de la Clinique Convert (Ramsay Santé, Bourg-en-Bresse, France). En France, faciliter le diagnostic de la maladie est un enjeu de santé publique de taille. 104 nouveaux cas pour 100 000 habitants en 2018 Une augmentation importante de nouveaux cas de cette maladie a été constatée entre 2017 et 2018 (104 cas pour 100 000 habitants contre 69 /100 000 en 2017) en France (1).

Mais la borréliose de Lyme n’est qu’une maladie transmises par les tiques parmi tant d’autres. « On parle beaucoup d’elle mais pas des pathologies qui pourtant sont beaucoup plus fréquentes », constate le Dr Mas. L’encéphalite à tiques (maladie virale provoquant des symptômes neurologiques graves), l’anaplasmose granulocytaire humaine (maladie fébrile provoquant des symptômes grippaux) , la tularémie (l’infection causée par la bactérie Francisella tularensis), la fièvre Q (infection bactérienne aigüe ou chronique pouvant mettre en jeu le pronostic vital) et les rickettsioses (infections bactériennes dues à des rickettsies) telles que la TIBOLA (tick-borne lymphadenopathy), qui se manifeste par une escarre d'inoculation parfois entourée d'un halo érythémateux, et la LAR (lymphangitis-associated rickettsiosis), font partie entre autres de ces maladies vectorielles (2).

Adapter le traitement des maladies à tiques De nouveaux tests biologiques, basés sur l’amplification en chaîne par polymérase, ou PCR pour polymerase chain reaction, fait l’objet d’une étude menée actuellement par le Dr Marie Mas, en collaboration avec le Pr Christian Perronne, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré (AP-HP, Garches, France) et le Dr Alexis Lacout, radiologue à Aurillac. Les premiers résultats semblent montrer leur efficacité chez l’homme. Ils consistent à multiplier une séquence d’ADN ou d’ARN les pathogènes transmis par les tiques afin de les rendre détectables.

« À partir d’un échantillon de sang, d’urine ou de salive analysé en laboratoire, poser un diagnostic exact grâce à ces tests semble possible, permettant ainsi d’adapter le traitement du patient », se réjouit le Dr Mas qui espère qu’un jour ces tests seront autorisés par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Cette étude est soutenue par la Direction Recherche et Enseignement de Ramsay Santé.

Références (1) Maladie de Lyme. Site du Ministère des Solidarités et de la Santé. (2) Tessier S, Le Strat Y, Serre A, Leroy J, De Martino S, Jaulhac B, et al. Étude sur la borréliose de Lyme et six autres maladies transmises par les tiques, Franche-Comté́, 2010-2012. Bull Epidémiol Hebd. 2018;(19-20) :413-8.