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Comment réduire les risques de complications vasculaires après un TAVI ?

6 janvier 2020 - Temps de lecture 45 s

Comment éviter les complications vasculaires après un TAVI ? Cette technique qui a 17 ans aujourd’hui offre d’importants bénéfices aux patients ayant besoin d’une nouvelle valve aortique. C’est la raison pour laquelle le Dr Thomas Hovasse, cardiologue à l’Hôpital privé Jacques Cartier, a mené une étude pour déterminer de quelles façons les risques de complications pouvaient être réduits.

Le TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation) est une technique qui consiste à implanter une valve aortique biologique en passant par l’aine (voie percutanée). « Elle a été développée en 2002 au CHU de Rouen Pr Alain Cribier. Elle permet de traiter les patients qui ont une sténose - ou rétrécissement - de la valve aortique sans les opérer. Aujourd’hui, 17 ans après, le TAVI est de plus en plus utilisé », indique Le Dr Thomas Hovasse, cardiologue interventionnel à l’Hôpital privé Jacques Cartier (Ramsay Santé, Massy, France).

 

Une technique réalisable chez presque tous les patients

Réalisé chez les patients ayant un rétrécissement aortique calcifié très serré, responsable de manifestations très invalidantes, voire potentiellement mortelles (essoufflement, douleurs angineuses ou syncopes survenant à l’effort), le TAVI n’était indiqué qu’à ceux jugés inopérables ou à haut risque chirurgical pendant longtemps (grand âge, autres maladies notamment rénales…). Aujourd’hui les indications s’élargissent et les patients jugés à risques intermédiaires peuvent en bénéficier (1,2).

 

Quelques complications

Pour autant, comme pour tout geste opératoire, des complications sont possibles après un TAVI : problèmes au niveau de l’artère fémorale, trouble du rythme cardiaque nécessitant l’implantation d’un pacemaker… « Il y a un risque de fuites autour de la prothèse devenu minime avec les prothèses de deuxième génération. La nécessité d'utiliser un pacemaker, dans 5 à 10% des cas, est un petit peu plus élevée que pour une chirurgie classique. Enfin, il peut y avoir des complications vasculaires (3) », précise le cardiologue.

 

Une étroite surveillance 24 heures après

Une étude menée par le Dr Hovasse, auprès de 744 patients, a démontré un risque accru de complications vasculaires chez les femmes et une catégorie de patients dont l’anatomie de l’axe illio-fémoral est difficile. Chez ces patients la ponction artérielle sous échographie ou angiographie sélective permet de baisser le taux de complication vasculaire.  « Pour ce type de patients, il convient de réaliser le TAVI avec plus de précautions et de renforcer la surveillance 24 heures après l’opération afin de vérifier l’absence de saignements ».

 

 

Cette étude est soutenue par la Direction Recherche et Enseignement de Ramsay Santé.

 

Références

  1. Popma JJ, Deeb GM, Yakubov SJ et coll. Transcatheter Aortic-Valve Replacement with a Self-Expanding Valve in Low-Risk Patients. N Engl J Med. 2019 May 2;380(18):1706-1715. Doi : 10.1056/NEJMoa1816885.

 

  1. Mack MJ, Leon MB, Thourani VH et coll. TranscatheterAortic-Valve Replacement with a Balloon-Expandable Valve in Low-Risk Patients. N Engl J Med. 2019 May 2;380(18):1695-1705. Doi : 10.1056/NEJMoa1814052.

 

  1. Stratiev V et all. Comment réduire le risque de complication vasculaire lors des procédures de remplacement valvulaire percutané (TAVI) réalisées par voie fémorale ? Annales de cardiologie et d'angéiologie. Volume 61, n° 4, pages 281-286 (août 2012). Doi : 10.1016/j.ancard.2011.11.002.