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Addictions : de l’utilité de mieux comprendre le craving

17 décembre 2019 - Temps de lecture 40 s

Quels sont les mécanismes du craving ? Existe-t-il des facteurs l’influençant ? Mieux comprendre cette notion essentielle en addictologie est un objectif que se sont fixés les chercheurs ces dernières années. Parmi eux, le Dr Christophe Cutarella qui lance une recherche au sein de la Clinique Saint Barnabé à Marseille.

En France, on ne compte pas moins de 1,5 million de consommateurs réguliers de cannabis, 3,4 millions de personnes ayant une consommation d’alcool à risque et 2,1 millions d'expérimentateurs de cocaïne (3). On le sait, ces substances addictogènes provoquent facilement des dépendances. Ces dernières années, le concept de craving est devenu essentiel en addictologie. Il désigne un désir irrépressible de consommer une substance ou d’exécuter un comportement gratifiant (1). « Cette notion caractérise une pulsion soulagée lorsque la personne addicte s’adonne à un produit ou une conduite », précise le Dr Christophe Cutarella, psychiatre addictologue à la Clinique Saint Barnabé (Ramsay Santé, Marseille, France). Encore aujourd’hui, la compréhension de son fonctionnement reste limitée.

 

 

Un concept multidimensionnel

S’il peut sembler difficile de décrire de façon explicite les mécanismes du craving, c’est avant tout en raison de sa complexité et de son aspect multidimensionnel (2). En effet, le concept du craving peut intégrer des composantes cognitives, affectives, sensorielles, motivationnelles ou physiologiques (1). « Tenter de déterminer si certains facteurs, tels que les troubles de la personnalité ou l’incapacité à identifier ou à exprimer ses émotions , ont un impact notable sur la gestion du craving, et donc de l’addiction, est pertinent » pour le Dr Cutarella car peu d’études ont clairement défini l’influence des facteurs psychologiques sur ce phénomène.

 

Une régulation émotionnelle défaillante à l’origine du craving ?

En pratique, dans cette étude dont le lancement est prévu en décembre 2019, 80 patients addicts passeront un ensemble de tests psychométriques, de personnalité, de gestion émotionnelle, d’évaluation du craving. « Une comparaison de cet échantillon à une population abstinente, à partir des réponses aux questionnaires, permettra hypothétiquement de mieux comprendre le craving ». Les résultats de cette recherche contribueront sans doute à préciser si le craving résulterait entre autres d’un défaut de régulation émotionnelle. « L’impulsivité, l’anxiété… Les troubles psychopathologiques sont autant de paramètres pouvant moduler le craving », estime le psychiatre dont travaux pourraient bien optimiser la prise en charge des patients addicts.

 

 

Cette étude est soutenue par la Direction Recherche et Enseignement de Ramsay Santé.

 

 Références

(1)   Auriacombe M, Serre F et Fatséas M. Le craving : marqueur diagnostique et pronostique des addictions ? 2016.

 

(2)   Shadel WG, Niaura R, Brown RA, Hutchison KE, Abrams DB. A content analysis of smoking craving. J Clin Psychol, 2001, 57 : 145-150. Doi : 10.1002/1097-4679(200101)57:1<145::AID-JCLP15>3.0.CO;2-2.

 

(3)   Les consommations de substances psychoactives en population générale. Site drogues.gouv.fr.